Cette saison, le Real Madrid a une nouvelle fois vécu les montagnes russes, et ce n’est pas terminé. À la fin du mois d’août, les Merengues entament cette nouvelle saison pleins d’ambitions : la Liga, la Ligue des champions, la Coupe du Roi et, à moyen terme, la Supercoupe d’Espagne au mois de janvier.
Les coéquipiers de Kylian Mbappé veulent tout arracher et, malgré une absence dans le jeu madrilène, les résultats sportifs étaient au rendez-vous. Au début du mois de janvier, les Madrilènes s’envolent à Jeddah en figurant dans le Top 8 sur la scène européenne, seconds de Liga à quelques pas de Barcelone et toujours en lice en Coupe du Roi. La défaite face à Barcelone en Supercoupe a tout fait basculer à Madrid. Le départ de Xabi Alonso, puis l’arrivée express d’Arbeloa.
Trois jours après son arrivée, l’Espagnol est confronté à un défi : qualifier les Merengues pour le prochain tour de la Coupe du Roi face à Albacete, pensionnaire de deuxième division espagnole. En manque d’effectif, les coéquipiers de Vinícius Jr se font surprendre et sont éliminés. En une semaine, Madrid a rayé deux objectifs majeurs cette saison. Désormais, la Casa Blanca se concentre sur deux choses : la Liga et la Ligue des champions.
À 1 point du Barça, le Real Madrid rêve du titre
La semaine dernière, le Real Madrid a vécu un week-end à 6 points. Une très bonne opération, offrant ainsi la première victoire d’Arbeloa sur le banc madrilène. Une victoire fébrile, dans un contexte particulier, face à une équipe de Levante en zone de relégation. Les sifflets intenses du Santiago Bernabéu ont été un électrochoc pour les joueurs et, le lendemain, la défaite surprise de Barcelone sur la pelouse de la Real Sociedad a redonné de l’espoir dans la capitale espagnole.
Les Merengues ne sont plus qu’à un point du champion en titre. Prudence malgré tout, car ce week-end, Barcelone reçoit le dernier du championnat, Oviedo, alors que les hommes d’Arbeloa se déplacent chez le 3ᵉ, Villarreal. Un choc au sommet intervenant au meilleur moment de la saison, car Madrid a besoin d’un vrai test.
Cette victoire impressionnante face à l’AS Monaco redonne de l’élan à une équipe à l’arrêt. Si Madrid s’impose à la Cerámica, ils seront définitivement relancés dans une saison à rebondissements. Barcelone s’imposera très certainement face au dernier de la classe et, en cas de mauvais résultat chez le Sous-marin jaune, Madrid pourrait se retrouver de nouveau à six longueurs.
Depuis 2020, les Madrilènes sont couronnés en Liga tous les deux ans : 2020, 2022, 2024… alors pourquoi pas cette année ? Les chances de réussite ne sont pas très élevées, mais tout est possible avec le Real Madrid.
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Le parallèle de 2016 comme seul réconfort ?
Si la Liga est une affaire de régularité, la Ligue des champions est une affaire de moments. C'est là que réside la véritable ambition de la saison. Tout miser sur l'Europe. Le parallèle avec 2016 est sur toutes les lèvres à Madrid et dépasse la simple superstition.
Comme le rappelait récemment MARCA, la symétrie est presque effrayante : un entraîneur limogé en janvier – Benitez hier, Alonso aujourd'hui –, une élimination précoce et humiliante en Coupe du Roi, et une équipe distancée en Liga. À l'époque, ce chaos avait accouché de la "Undecima" à Milan. C'est ce précédent historique qui permet aujourd'hui au vestiaire de croire à l'irrationnel.
Álvaro Arbeloa n'est pas Zidane, mais il a la méthode pour ce type de mission. Selon les informations de The Athletic, qui a décortiqué son mandat à la tête du Juvenil A, le "Spartiate" n'est pas qu'un meneur d'hommes : il prône un football d'une verticalité absolue et un contre-pressing agressif, très éloigné de la possession parfois stérile reprochée à Xabi Alonso. C'est cette intensité qui peut être la clé potentielle pour réveiller un effectif endormi. Arbeloa devra transformer son équipe en "commando". Il ne s'agira plus de beau jeu, mais de guerre.
D'après la Cadena SER, le message passé par le nouveau coach à ses capitaines est sans équivoque : il veut retrouver l'esprit de "résistance" qui avait permis les miracles de 2022. Un bloc compact, des contres fulgurants portés par la vitesse de Mbappé et Vinicius, et cette capacité surnaturelle à ne pas mourir.
Finalement, l'ambition est peut-être la clé du club pour cette saison. Arbeloa sait qu'il est perçu comme un simple pansement en attendant l'arrivée probable d'un cador l'été prochain. Mais l’ancien latéral a sa fierté.
Comme le souligne AS, il veut prouver qu'il est plus qu'un soldat loyal et que ses idées peuvent fonctionner au très haut niveau. 2026 ne sera pas l'année du sextuplé, c'est une certitude. Mais elle peut encore être l'année de l'épopée. Entre le néant d'une saison blanche historique et l'ivresse d'un sacre européen miraculeux, la frontière est étroite. C'est sur ce fil que le Real Madrid va devoir marcher jusqu'en mai, sans filet de sécurité. Et comme souvent avec ce club, c'est précisément quand il est au bord du précipice qu'il apprend à voler.
Luca Schenatto, Enzo Teixeira










