Antonio Pintus ne tient pas sa renommée de sa sympathie. Le préparateur physique n’est pas là pour être aimé, mais pour "athlétiser" au mieux les joueurs. Son approche se veut aussi simple que brutale : l'Italien traite ses footballeurs comme des athlètes, et il exige d’eux une disponibilité totale. Dans l’intimité du vestiaire, son langage est direct, parfois froid. Les nouveaux comprennent vite qu’ils vont passer un cap mental. Les anciens, eux, ne demandent même plus d’explications. Ils viennent le voir et demandent : « Antonio, mets-moi à fond. »
Au club, Pintus est perçu comme une référence absolue, comme expliqué par El Debate, au point d’être considéré comme l’un des meilleurs préparateurs physiques au monde. Et l’idée que l’Italien soit au Real Madrid sans entraîner les joueurs n’avait plus de sens. La situation a été tranchée juste avant le départ de Xabi Alonso. Ce qui a d'ailleurs été l'une des raisons qui ont poussé la direction à licencier le Basque. Pintus est redevenu le patron de la machine physique, pendant qu’Arbeloa s’occupe de la tactique et du lien humain. Deux mains sur le même volant, pour tenter de remettre l’équipe d'équerre à la mi-saison.
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Une préparation individualisée pour chaque joueur
Le cœur de la méthode Pintus, c’est l’individualisation. Au Real Madrid, il est impossible de demander les mêmes charges physiques à tous les joueurs. Il faut donc savoir individualiser les préparations. Les efforts des défenseurs et des milieux sont différents. Les corps aussi. L'Italien adapte donc les séances en fonction de la biologie de chacun, des risques de blessure, du poste et du volume d’efforts demandé en match. Les latéraux, par exemple, sont ceux qui ont la charge de travail la plus importante : ils doivent répéter les sprints, monter, revenir, défendre bas puis attaquer haut. Leurs séances sont souvent les plus intenses.
Pintus combine puissance, vitesse et endurance, avec une approche moderne très scientifique. Les images de joueurs équipés de capteurs, de masques respiratoires et de contrôles cardio ne sont pas du gadget : c’est la base de son travail. Historiquement, à la Maison Blanche, janvier représente le moment où les cadres viennent se “recharger” physiquement avant le sprint final. Les vétérans comme Modric, notamment, ont souvent eu besoin d’un mois plein pour retrouver leur pic de forme. Les plus jeunes peuvent atteindre leur maximum plus vite, parfois en deux ou trois semaines.
L’objectif de Pintus reste de préparer le Real Madrid à tenir 120 minutes, à garder de la lucidité en prolongation et à rester explosif quand l’autre s’effondre. C’est de cette manière que ce club a ajouté bon nombre de Ligue des champions à son palmarès - quatre avec Pintus à la baguette de la préparation physique. A 63 ans, alors que l'Italien vit probablement ses dernières années à haut niveau, les Merengues aspirent à rééditer ces performances.

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