La polémique n’est plus un simple débat d’après-match : elle est désormais institutionnelle. Quelques jours après la rencontre entre le Real Madrid et Girona, le Comité technique des arbitres (CTA) a livré son analyse de la fameuse action impliquant Kylian Mbappé, victime d’un coup au visage dans la surface. Une action qui avait laissé des traces visibles, du sang, des points de suture, mais qui n’avait pourtant pas été sanctionnée d’un pénalty sur le moment.
Selon Marca, le CTA reconnaît désormais que l’arbitre de champ, Alberola Rojas, aurait dû siffler pénalty. Une prise de position forte, mais immédiatement nuancée par la manière dont elle est formulée et par le traitement du rôle de la VAR.
Une erreur reconnue… mais relativisée
Dans son analyse hebdomadaire, le CTA explique que l’action peut être considérée comme fautive en raison du geste du défenseur, jugé imprudent. Le coup porté au visage de Mbappé, bras ouvert, constitue bien un contact sanctionnable.
Mais là où le discours devient plus ambigu, c’est dans la formulation. Loin d’un verdict catégorique, le CTA parle d’une action “interprétable”, laissant entendre que plusieurs lectures sont possibles. Une manière d’introduire un “astérisque” à cette reconnaissance d’erreur : oui, le penalty pouvait être sifflé, mais la décision de ne pas le faire reste compréhensible dans le cadre de l’interprétation arbitrale.
Cette nuance est essentielle. Elle permet au CTA de reconnaître une faute sans pour autant désavouer frontalement son arbitre. Une ligne d’équilibre qui reflète une volonté de protéger le corps arbitral tout en apaisant la polémique
Le cas du VAR, au cœur du débat
Mais, le point le plus sensible reste la gestion de la VAR. Car si l’erreur de l’arbitre est admise, celle de l’assistance vidéo ne l’est pas.
« La VAR intervient quand ça l'arrange, et quand ça ne l'arrange pas, elle n'intervient pas. Je l'ai déjà dit hier, et vous connaissez mon avis. Ces événements le confirment. C'est une faute flagrante » avait déclaré un Arbeloa furieux après la rencontre.
Le CTA considère en effet que la VAR a correctement agi en ne demandant pas de révision. Pourquoi ? Parce que l’action ne constitue pas une “erreur claire et manifeste”, condition nécessaire pour intervenir. Une position confirmée dans plusieurs analyses : la situation relève davantage de l’interprétation que de l’évidence.
C’est là tout le paradoxe de cette décision. D’un côté, l’instance reconnaît que le penalty aurait dû être sifflé. De l’autre, elle estime que le VAR n’avait pas à corriger l’arbitre.
Ce double discours alimente forcément l’incompréhension. Comment une erreur peut-elle être reconnue sans que le système censé les corriger ne soit remis en cause ? Pour beaucoup, cette position illustre les limites actuelles de l’utilisation de cette technologie, trop dépendante de critères subjectifs.
Une décision aux conséquences multiples
Au-delà du cas Mbappé, cette affaire dépasse le simple cadre d’un match. Elle touche à la crédibilité du système arbitral et à la cohérence des décisions prises à différents niveaux. Comme le souligne Marca, ce type de communication laisse une impression mitigée. Le Real Madrid obtient une forme de reconnaissance symbolique mais sans réparation concrète. Le résultat du match reste inchangé, et la frustration demeure.
Dans le vestiaire madrilène, cette décision ne devrait pas apaiser les tensions. L’action avait déjà provoqué une vive réaction, notamment en raison de la gravité du contact et de ses conséquences physiques pour Mbappé.
Ce dossier met également en lumière un problème plus large : la difficulté à harmoniser les critères d’arbitrage entre le terrain et la vidéo. Tant que la notion “d’erreur claire et manifeste” restera à l’interprétation, ce type de situation continuera de diviser.










