Le Real Madrid redoutait déjà une mauvaise nouvelle. Il se préparerait désormais à un coup de massue. Sorti sur blessure mardi face à Alavés, Éder Militão ne se dirige plus seulement vers une fin de saison prématurée : le défenseur brésilien devrait aussi passer par la case opération et voir s’envoler, sauf improbable retournement, la Coupe du monde avec la Seleção. Pour un joueur qui sort à peine de deux années de souffrance physique, le scénario est terrible.
Le club avait d’abord communiqué avec prudence jeudi, en annonçant une lésion musculaire au biceps fémoral de la jambe gauche, “en attente d’évolution”. Mais selon les informations dévoilées par Miguel Ángel Díaz sur la COPE, l’examen médical aurait révélé quelque chose de plus lourd : la cicatrice de la blessure subie en décembre au même endroit se serait rouverte, ce qui contraindrait Militão à une intervention chirurgicale.
Selon AS, une option plus conservatrice existait, avec une absence plus courte estimée à cinq semaines. Mais elle exposait aussi Militão à un risque de rechute important, à court ou moyen terme. Le passage par le bloc serait donc apparu comme la solution la plus lourde dans l’immédiat, mais aussi la plus sécurisante pour éviter que cette blessure ne devienne un problème chronique.
Dans cette hypothèse, le Brésilien serait tenu à l'écart des terrains 4 mois et manquerait non seulement la fin de saison madrilène, mais aussi le Mondial 2026, qui débute le 11 juin, alors que Carlo Ancelotti doit donner sa liste finale le 18 mai.
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Une blessure de trop dans un corps déjà meurtri
Ce qui rend cette rechute encore plus cruelle, c’est qu’elle s’inscrit dans une série presque ininterrompue. En août 2023, Militão s’était rompu le ligament croisé antérieur du genou gauche lors de la première journée de Liga contre l’Athletic Club. Il était revenu au printemps suivant, avant de subir une nouvelle rupture du ligament croisé, cette fois au genou droit, en novembre 2024 contre Osasuna.
Le Real Madrid avait salué son retour en juillet 2025, huit mois après cette deuxième blessure majeure, comme celui d’un joueur enfin prêt à reprendre le fil de sa carrière. La suite a pourtant viré au cauchemar.
Le 8 décembre 2025, le Real Madrid annonçait une rupture du biceps fémoral de la jambe gauche avec atteinte du tendon proximal, une blessure déjà très lourde. Quatre mois plus tard, alors qu’il venait à peine de se réinstaller dans la rotation, le même muscle lâche encore. Cette fois, il ne s’agirait même plus d’une simple rechute musculaire, mais d’une réouverture de la cicatrice de décembre, autrement dit du retour exact de la même plaie au pire moment. Pour un défenseur qui a déjà traversé deux longues rééducations du genou, le corps semble lui refuser toute continuité.
Le Mondial qui devait relancer son élan pourrait lui échapper
Au-delà du Real Madrid, c’est évidemment la dimension internationale qui donne à ce nouveau coup d’arrêt une portée encore plus dramatique. La Coupe du monde 2026 devait représenter pour Militão bien plus qu’un tournoi d’été : une forme de renaissance, presque une récompense après deux ans de douleurs, d’opérations et de retours repoussés.
Au lendemain de la blessure, les signaux semblaient peu inquiétants et il se murmurait que le défenseur pouvait espérer être remis à temps malgré la fin de saison compromise. La nouvelle tendance, elle, est tout autre : une opération maintenant rendrait sa présence avec le Brésil extrêmement improbable, pour ne pas dire quasi impossible.
Et c’est peut-être cela, au fond, qui donne à cette blessure un goût encore plus amer. Militão est stoppé au moment précis où l’horizon commençait enfin à se dégager. À Valdebebas, cette nouvelle fragilise encore un secteur défensif déjà usé par les absences et semble obliger le board à s'engager sérieusement sur le marché des défenseurs centraux cet été.
Pour le Brésil, elle menace de priver la Seleção d’un cadre expérimenté à quelques semaines d’un événement immense. Et pour le joueur, elle rouvre surtout une période qu’il croyait derrière lui : celle des soins, du temps long, et d’un combat mental devenu presque aussi lourd que la blessure elle-même.










