Le climat électoral atteint des sommets d'intensité dans la capitale espagnole. À quelques jours du grand scrutin prévu ce dimanche, le premier organisé depuis l'année 2006, le président sortant Florentino Pérez a décidé de passer à l'offensive.
Lors d'un long entretien accordé au média El Español, Florentino Pérez a mis de côté les rumeurs sportives pour se concentrer sur l'essentiel : la survie institutionnelle et financière de la Maison Blanche.
Face à la candidature d'Enrique Riquelme, le dirigeant historique a sorti les muscles, mêlant de très graves accusations envers ses rivaux et des annonces qui pourraient changer le modèle de propriété dans le football moderne.
La menace de l'opposition et le spectre des années noires
Florentino Pérez ne prend pas cette élection à la légère, car il estime que l'entité madrilène fait face à un immense danger. Dès le début de l'interview, il justifie la convocation de ces élections par la nécessité absolue de faire tomber les masques.
"J'ai détecté un mouvement provenant de ceux qui ont fait partie de l'époque la plus sombre du Real Madrid, ceux des sinistres années 2006 à 2009", explique-t-il, faisant un lien direct entre les proches de son opposant et le mandat controversé de Ramón Calderón.
Selon lui, la candidature adverse n'est qu'une façade pour des intérêts bien plus vastes et dangereux pour l'indépendance du club. Il pointe du doigt une véritable coalition en coulisses : "Ici se sont rassemblés tous les mauvais : ceux de Calderón, ceux de Tebas, ceux de la Fédération... Ceux de cette étape sinistre veulent à tout prix reprendre le Real Madrid. Ils veulent garder le club pour leur bénéfice particulier."
Pour discréditer définitivement la gestion financière d'Enrique Riquelme, Florentino Pérez rappelle au passage que ce dernier a dû demander un crédit relais à 54 % d'intérêt pour sa propre entreprise.
Un référendum historique pour léguer le patrimoine aux supporters
Pour contrer cette tentative de prise de pouvoir, le patron de la Maison Blanche a élaboré un plan tout simplement révolutionnaire. Estimé à plus de 10 milliards d'euros par le magazine Forbes, le club possède une valeur colossale que le président souhaite sanctuariser juridiquement.
La méthode ? Transférer directement cette valeur économique aux 100 000 membres actuels. "Je veux que les socios soient les propriétaires de ce patrimoine économique. Aujourd'hui, nous ne sommes propriétaires que d'un patrimoine sentimental et je veux que le lien du socio du Real Madrid se renforce et aille au-delà de sa mort", a-t-il détaillé.
Cette idée n'est pas née par hasard. Florentino Pérez révèle avoir dû batailler fermement pour empêcher la ligue espagnole, via un puissant lobby, de modifier la Loi du Sport en 2022, ce qui aurait purement et simplement dépossédé les supporters de leur club. En rendant ce patrimoine tangible et surtout transmissible par héritage à leurs enfants, il dresse un mur infranchissable face aux investisseurs privés.
Une promesse d'envergure qui sera très prochainement soumise au vote officiel : "Nous étudierons la formule, nous en débattrons et elle sera votée par référendum par tous les socios."
La création de "La Socia", un symbole d'appartenance absolu
En réponse directe aux critiques de l'opposition affirmant que les abonnés sont aujourd'hui délaissés, le bâtisseur du projet galactique a également annoncé une mesure identitaire forte. Pour matérialiser ce tout nouveau statut de propriétaire financier, le club va lancer une initiative unique au monde en matière de fidélisation.
"Nous allons offrir La Socia chaque année à nos socios. Et qu'est-ce que c'est ? Un maillot officiel exclusif sur lequel ils arboreront un insigne unique réservé aux véritables propriétaires du club", a-t-il dévoilé. Cette tunique collector sera strictement introuvable dans le commerce traditionnel ou en boutique, réservée à la seule élite des membres de l'institution, créant ainsi une collection historique et intime pour chaque fan.
Le Bernabéu infini et le rêve d'une Silicon Valley madrilène
Si l'héritage est au cœur du programme électoral de Florentino Pérez, l'innovation technologique en est le principal moteur de croissance. Taclant avec ironie les propositions de son rival visant à construire de simples piscines ou des pistes de padel au centre d'entraînement, Florentino Pérez voit beaucoup plus grand.
"J'ai toujours rêvé d'un centre technologique comme celui de la Silicon Valley", confie-t-il, s'inspirant ouvertement du modèle américain des Dallas Mavericks pour faire de la Ciudad Deportiva le meilleur centre technologique d'Europe.
Cette ambition tentaculaire touche également le mythique stade du club. Le projet du fameux "Bernabéu infini" vise à monétiser les centaines de millions de sympathisants du club à travers le monde grâce à l'essor de la réalité virtuelle. "On pourra voir le football avec une expérience immersive, comme si on était sur la pelouse elle-même. Ou comme si on était au point de corner, à côté de celui qui va tirer. Et nous avons réussi cela main dans la main avec Apple", s'enthousiasme Florentino Pérez.
Conscient que ces élections représentent un tournant majeur pour la validation de ce modèle économique et technologique unique dans l'histoire du sport, Florentino Pérez a conclu son grand oral par un ultime appel à la mobilisation générale : "J'encourage les socios à venir voter car nous jouons le Real Madrid."










