José Mourinho n’a pas attendu longtemps avant de remettre l’affaire Negreira au centre du débat. Face à Josep Pedrerol, le Portugais a rappelé que le dossier était désormais entre les mains de la justice. Il est ensuite revenu sur son premier passage au Real Madrid, entre 2010 et 2013, marqué par une forte rivalité avec le Barça et de nombreuses polémiques autour de l’arbitrage. Avec le recul, certains épisodes de l’époque lui paraissent aujourd’hui moins anodins.
Mourinho assure avoir ressenti « quelque chose d’étrange »
José Mourinho ne prétend pas apporter une nouvelle pièce au dossier. Il revient surtout sur une impression qu’il avait déjà lors de son premier passage sur le banc du Real Madrid. « Quand j’étais ici, je sentais quelque chose d’étrange », a-t-il expliqué ce mardi soir face à Josep Pedrerol, précisant qu’à l’époque, il ne connaissait même pas le nom de José María Enríquez Negreira.
Treize ans après son départ, le technicien portugais met donc des mots sur le malaise qu’il dit avoir ressenti autour de l’arbitrage espagnol. Ses mots sont forts, mais The Special One laisse tout de même la justice tirer ses propres conclusions. Il ne fait pas de ce ressenti une preuve, mais estime qu’il prend aujourd’hui un tout autre sens au regard de l’affaire.
Pour rappel, le dossier porte sur plus de sept millions d’euros versés par le FC Barcelone, entre 2001 et 2018, à des sociétés liées à Enríquez Negreira, alors vice-président du Comité technique des arbitres espagnols. Le Barça soutient que ces paiements correspondaient à des prestations de conseil et à des rapports techniques sur l’arbitrage, et nie toute volonté d’altérer les compétitions. L’instruction judiciaire, elle, suit toujours son cours.
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Une sortie qui fait écho à l’offensive du Real Madrid
Les déclarations de Mourinho arrivent dans un contexte particulier. En juin dernier, le Real Madrid a demandé à l’UEFA de reprendre la procédure disciplinaire liée à l’affaire Negreira. Le club madrilène affirme avoir transmis de nouveaux éléments et continue de dénoncer des paiements qu’il juge difficiles à justifier. Pour la Casa Blanca, cette affaire pose directement la question de l’intégrité des compétitions.
Partie prenante dans la procédure judiciaire, le Real Madrid compte continuer à défendre sa position jusqu’au bout. Mourinho ne parle évidemment pas au nom du club, mais ses déclarations vont dans le même sens que la ligne défendue par Florentino Pérez : l’affaire Negreira ne doit pas être oubliée avec le temps.
En rappelant son expérience de 2010 à 2013, le Portugais ravive aussi des souvenirs encore bien présents à Madrid. Son premier passage avait été celui de la confrontation permanente : avec le Barça de Guardiola, avec les arbitres, avec les institutions et parfois avec une partie de l’Espagne du football. Le Mourinho de 2026 se dit plus calme et plus contrôlé. Sur le fond, il n’a rien perdu de son tempérament et de son état d’esprit combatif.
Le Calciopoli en référence, mais pas de condamnation directe
Pour appuyer son propos, Mourinho a cité l’exemple italien. « En Italie, ils l’ont fait avec le Calciopoli », a-t-il lancé, en référence au scandale qui avait entraîné de lourdes sanctions contre plusieurs clubs, dont la relégation de la Juventus en 2006. Le Portugais estime qu’une affaire de cette ampleur ne peut pas rester sans réponse.
Pedrerol lui a ensuite demandé si le Barça aurait dû être relégué en deuxième division. Mourinho a préféré ne pas aller jusque-là. « La Liga doit avoir le Barça », a-t-il répondu, laissant la justice trancher.
C’est toute la maîtrise de cette sortie. Mourinho frappe fort, remet le dossier au centre du débat, en obligeant chacun à regarder les faits. Mais il évite de prononcer la sentence. Pour cela, répète-t-il, il existe une justice. Encore faut-il qu’elle réponde.










