Huit ans après son arrivée à Madrid, Vinícius Júnior semble revivre inlassablement la même histoire. Il n'aura fallu que trois minutes de jeu, lors de la première journée de Liga face à l'Espanyol, pour que le scénario se répète. Calatrava, sans même que le ballon soit en jeu, plante un coup de pied dans le bas du dos du numéro 7 madrilène. Aucune sanction ne suit. Ni jaune, ni rouge. Juste un avertissement protocolaire, comme si de rien n'était.
Sur l'ensemble de la rencontre, Viní Jr. terminera comme le joueur le plus fauté du match, avec huit fautes subies. Un chiffre qui, pour lui, n'a rien d'exceptionnel. Depuis qu'il porte le maillot blanc, ce genre de soirée est presque devenu la norme plutôt que l'exception.
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Le joueur le plus ciblé de Liga
Ce n'est pas un hasard de calendrier, ni un simple mauvais soir. Depuis la saison 2019/20, le Brésilien. est le joueur qui a subi le plus de fautes en Liga, un total de 489 selon AS. Le deuxième de ce classement, Dani Parejo, a pourtant disputé 43 matchs de plus que l'ailier madrilène.
Une partie de l'explication tient à son propre style de jeu. Accélérations fulgurantes, dribbles répétés, prises de risque balle au pied dans des espaces réduits. Vinícius Jr. s'expose naturellement, plus que la plupart des joueurs, à ce genre d'intervention. Son profil appelle presque mécaniquement la faute adverse, faute d'autre solution pour l'arrêter. Mais ce n'est pas vraiment ce nombre de fautes qui pose problème du côté du Real Madrid. C'est ce qui suit, ou plutôt, ce qui ne suit pas.
Un traitement différent
C'est là que les chiffres deviennent vraiment parlants. AS indique qu'en Liga, Vinícius Júnior doit subir 16 fautes pour qu'un adversaire écope enfin d'un carton jaune. Lamine Yamal, par exemple, n'en a besoin que de trois. L'écart est encore plus frappant sur les cartons rouges : il faut 68 fautes graves envers le Brésilien avant qu'un défenseur ne soit expulsé, contre seulement 11 pour l'international espagnol. Deux joueurs offensifs, deux profils comparables en termes d'exposition au jeu, mais deux réalités arbitrales radicalement différentes en championnat.
La donne change pourtant du tout au tout en Ligue des champions. Depuis 2019/20, Vinícius Jr. y est toujours le joueur le plus fauté (131 fautes subies), mais cette fois, la sanction suit de manière beaucoup plus équilibrée. Sur la scène européenne, les défenseurs de Viní Jr. comme ceux de Lamine Yamal voient un carton jaune toutes les trois fautes environ. Une cohérence qui n'existe pas en Liga et qui alimente un peu plus la thèse d'un traitement à deux vitesses selon la compétition.
🚨 En Liga, Vinicius Jr doit être victime de fautes 16 fois pour qu’un adversaire reçoive un carton jaune. En LDC, il suffit juste de 3 fautes. @diarioas
Mourinho monte au créneau
Après la rencontre face à l'Espanyol, José Mourinho n'a pas cherché à minimiser le sujet. Interrogé en conférence de presse, il assure percevoir un déséquilibre qui dépasse largement le seul championnat espagnol. « En dehors de l'Espagne, dans la façon dont on a joué en présaison, la différence de traitement envers Vini par rapport aux autres joueurs est évidente », a t-il lancé.
Pour l'entraîneur portugais, cette tolérance envers les fautes commises sur son ailier crée un cercle vicieux. Selon lui, les adversaires ajustent naturellement leur comportement en fonction de ce qu'on les laisse faire. « Quand les adversaires sentent qu'ils peuvent l'agresser, ils le font », explique-t-il, avant de faire une comparaison : « C'est comme les petits enfants, ils vont jusqu'où tu les laisses aller. Les joueurs, c'est pareil. Si tu leur permets de donner des coups de pied, ils le feront. »










