Décidément, Kylian Mbappé se montre bavard ces dernières semaines. Malgré la défaite du Real Madrid face à l'Atlético de Madrid ce dimanche, l'attaquant français a enchaîné les prises de parole médiatiques, cette fois auprès de RFI, à un mois du sacre du Ballon d'or.
L'international français est revenu sur sa quête de ce trophée individuel, sur ses racines africaines, sur l'arrivée de Zinédine Zidane à la tête de l'équipe de France, ainsi que sur son admiration pour José Mourinho. RFI précise que plusieurs sujets ont été écartés en amont de l'entretien par l'entourage de Mbappé : les questions portant sur l'élection présidentielle en France, la gouvernance de la FIFA et la crise migratoire à Ceuta n'ont pas été autorisées.
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Les réponses de Mbappé à RFI
Sur le fait que remporter le Ballon d'or soit une obsession : « Non, non, non. Je pense que c'est un objectif pour n'importe quel joueur, pour n'importe quel compétiteur. Mais une obsession, non, je ne pense pas. »
Sur les raisons de penser que cette année peut être la bonne : « Parce que j'ai fait une bonne année. J'ai eu une grande année au niveau individuel, je sais que c'est le critère le plus important pour le Ballon d'or. J'ai été meilleur buteur de toutes les plus grandes compétitions, et je pense que ça peut être une bonne année pour moi. Je le sens bien. »
Sur une compétition jugée plus ouverte que jamais : « Oui, c'est ce qui se dit. Je ne connais pas toute l'histoire du Ballon d'or, mais c'est vrai qu'on parle beaucoup d'une lutte ouverte. C'est plaisant à voir, plaisant d'y participer, et je pense que ça divertit aussi les gens. »
Sur une éventuelle déception si ce n'était pas la bonne année : « Bien sûr, bien sûr. Comme je l'ai dit, un compétiteur est toujours déçu quand il ne gagne pas. À partir de ce moment-là, je pense que c'est mon âme de compétiteur qui sera touchée. Mais après, on verra comment ça va se passer. »
Sur ses déclarations fortes qui peuvent choquer en France : « Oui, bien sûr. Après, en France, il y a beaucoup de choses qui choquent, je n'ai pas de problème avec ça. Je n'ai jamais voulu faire l'unanimité, car ce n'est pas possible. Mais je n'arrive pas à être quelqu'un d'autre. Je ne vais pas essayer d'apprendre à l'être. J'essaie d'être moi, avec mes qualités et mes défauts, avec mes conquêtes et mes échecs. Et j'avance comme ça. »
Sur la Coupe du monde, réussite individuelle mais déception collective : « Je ne dirais pas décevante. Quand vous ne gagnez pas, vous êtes toujours déçu. Mais je pense qu'on a donné une bonne image de notre pays. On était une équipe agréable à voir jouer, et les Français ont pris beaucoup de plaisir à nous regarder, le monde entier a pris du plaisir à nous voir jouer. Après, il n'y a qu'une seule équipe qui gagne. On a essayé de donner le meilleur de nous-mêmes, mais ce n'est pas passé cette fois-ci, on devra retenter notre chance. »
Sur son record de meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde : « Je ne sais pas (rires). Mais c'est clair que c'est quelque chose d'incroyable d'avoir cette sensation. C'est quelque chose que je ne réalisais pas forcément, quand vous êtes dans le feu de l'action, vous voulez simplement aller vers le prochain objectif, le prochain match, marquer le prochain but. Mais c'est vrai que quand j'étais en vacances, tout le monde ne m'a parlé que de ça, d'être le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde. Tu réalises à quel point la Coupe du monde est importante. C'est la plus grande compétition de sport, et ça marque les gens. »
Sur l'importance de ce record dans la quête du Ballon d'or : « Oui, je pense. Au Ballon d'or, ils n'annonceront pas une équipe dans l'enveloppe, mais un joueur. Donc c'est un trophée individuel, et je pense que c'est ça qui doit primer sur tout. Après, bien sûr, il ne faut pas effacer tout le reste, mais la capacité à être performant individuellement et à brûler la rétine, c'est ce qui marque les gens pour un trophée comme celui-là. »
Sur l'arrivée de Zinédine Zidane comme sélectionneur : « Bien sûr. Déjà, il faut rendre à César ce qui appartient à César : ce qu'a fait Didier Deschamps avec l'équipe de France est incroyable. Il a marqué l'histoire et remis l'équipe de France à la place où elle doit être. Pour ça, on lui sera toujours reconnaissant. Maintenant, c'est une nouvelle étape avec un nouveau coach. On va voir comment ça va se passer. C'est toujours pareil quand c'est un début, c'est nouveau, on va devoir prendre nos marques. On va tout de suite être mis dans le bain et recommencer à gagner, car c'est ce que les gens attendent de nous. »
Sur un éventuel échange avec Zidane depuis sa nomination : « Non, je vais attendre de le voir à Clairefontaine. Je pense qu'il n'y a pas mieux que de le voir au château. Après, on est dans la même ville (à Madrid, NDLR), on s'est croisés plusieurs fois, et on se connaissait déjà avant. Mais j'attends vraiment d'arriver à Clairefontaine pour vraiment savoir ce qu'il attend de nous en tant qu'équipe et de moi en tant que joueur, et on verra comment ça va se passer. »
Sur l'arrivée de José Mourinho au Real Madrid : « Oui, bien sûr. C'est quelqu'un que j'ai toujours voulu avoir comme entraîneur. Il a toujours éveillé ma curiosité. C'est un homme extrêmement intelligent, qui sait très bien ce qu'il doit faire. C'est un leader, et comme entraîneur, c'est l'un des meilleurs de l'ère moderne du football. Donc c'est toujours un plaisir d'apprendre et d'être au quotidien avec des gens de cette envergure. »
Sur ses origines algériennes et camerounaises : « Oui, ce sont mes origines. J'ai toujours reçu une éducation avec une culture africaine, même si je suis né en France et que j'y ai tout fait. Je n'ai jamais coupé le lien avec mes racines et mes origines. Je pense que c'est important, car ça fait partie de la personne que vous êtes et des valeurs qu'on vous inculque. Je suis retourné au Cameroun il n'y a pas longtemps. J'y allais quand j'étais petit, et c'était un super moment. À chaque fois que je vais en Afrique, je suis toujours extrêmement bien reçu. Je ressens l'amour des gens, et c'est vraiment gratifiant de sentir le soutien de tout un continent. »
Sur son intérêt pour la CAN : « Je suis allé voir Côte d'Ivoire-Cameroun aussi ! (rires). C'était un super match, à Marrakech. J'aime regarder les matchs. Et la CAN, c'était une super compétition. Je suis parti soutenir un ami, bien sûr, mais je voulais aussi voir plusieurs matchs. Le niveau est top aujourd'hui. On voit que les équipes africaines regardent les autres sélections dans les yeux, on l'a vu à la Coupe du monde. C'est un football que j'aime regarder. »
Sur les stéréotypes concernant le football africain : « Je pense que ce n'est pas seulement l'Afrique, c'est dans tout le football. Tout le monde a des caricatures sur tout le monde. Parfois, c'est avéré, parfois pas du tout. Ce que je sais, c'est que jouer contre des équipes africaines, c'est très difficile. Ce sont des équipes dures à faire déjouer, qui ont gagné en confiance. Elles ont réalisé qu'elles peuvent battre n'importe qui, elles jouent sans peur, sans appréhension, et sont devenues très dangereuses. Pour nous, c'est toujours un défi de les affronter. »
Sur les choix de sélection des binationaux : « C'est personnel, quelque chose de très intime. Je pense que c'est quelque chose de profond, un choix qui doit venir de l'intérieur, de ton histoire de vie. Chacun a une relation différente avec le pays qu'il veut représenter. Quand on parle de représenter un pays, il faut parler de l'amour et de l'histoire qu'on a avec le pays en question, pas seulement d'un projet sportif. C'est une question à poser à ceux qui le vivent, car c'est propre à chacun. »
Sur la diversité de l'équipe de France : « Bien sûr. À partir du moment où tu es Français, né en France et que tu as fait toutes tes classes en équipe de France, je pense qu'il n'y a rien de plus naturel. C'est pour ça que je dis que c'est très personnel. Chacun agit en fonction de son histoire, de sa construction, et de son lien avec le pays. Quand c'est un choix qui vient du cœur, c'est difficile de le contester ou de commenter. »
Sur son message aux votants africains du Ballon d'or : « D'abord, les remercier pour le soutien qu'ils m'ont apporté durant toutes ces années. Ça n'a jamais changé, je me suis toujours senti très aimé à chaque fois que j'ai mis les pieds en Afrique. Bien sûr, ayant des origines africaines, ça fait toujours plaisir de voir les gens m'associer à ce prix, c'est gratifiant. Je les remercie pour tout, et j'espère pouvoir repartir avec le Ballon d'or pour, d'une manière ou d'une autre, le leur dédicacer. »









