Lorsque le coup de sifflet retentira à l’Allianz Arena, les Merengues ressentiront la pression du public bavarois, dans un match décisif qui pourrait sceller leur saison. Ce mercredi, 21 h, le Real Madrid doit absolument s’imposer face au Bayern Munich sous peine de voir son exercice 2025‑2026 se clôturer sur un nouvel échec.
Énième, oui. Le mot ne semble pas démesuré. Parce que les contreperformances et les déceptions ont jalonné la route des Madrilènes jusqu'ici. L'éviction de Xabi Alonso, l'élimination de la Copa del Rey par la petite porte à Albacete (3-2) et les résultats décevants contre Osasuna (2-1), Getafe (0-1) et plus récemment Majorque (2-1) ou encore Girona (1-1) en Liga.
Résultat : le Real Madrid accuse neuf points de retard sur le Barça avec sept journées à jouer, et même si une dernière confrontation entre les deux rivaux reste à venir, un sacre domestique paraît désormais plus qu'improbable.
Los Blancos n'ont donc plus que la Coupe aux grandes oreilles, leur compétition, pour tenter de se réconforter. Un seizième sacre en Ligue des champions essuierait bien des larmes et permettrait d'entrevoir le futur avec un peu plus d'optimisme. Mais face à l'armada bavaroise, victorieuse au Bernabéu (1-2) et remplie de confiance, la tâche s'annonce particulièrement ardue.
Le Real Madrid devra faire sans le Bernabéu...
Trop fébrile face à la performance délivrée par Michael Olise et ses coéquipiers, le Real Madrid s'est donc incliné d'un but à l'aller. Pas de quoi paniquer, relativiseraient certains. D'autant plus que l'addition aurait pu être plus salée. Et les habitués des grandes nuits européennes savent que lorsqu'ils ne saisissent pas l'opportunité d'assommer les Merengues, ces derniers ne se gênent pas pour leur faire regretter dans leur antre.
Mais la donne est différente cette fois, puisque c'est sur leur pelouse que les Madrilènes ont chuté mardi dernier. Ils ne pourront donc pas profiter de la magie du Bernabéu pour décontenancer un Bayern Munich sûr de ses forces. C'est en Allemagne, dans une Allianz Arena qui n'a connu la défaite qu'une seule fois en 19 rencontres toutes compétitions confondues (contre Augsburg, 1-2) cette saison, que les protégés de Florentino Perez vont devoir créer l'exploit.
Au vu de ces éléments, le défi s'annonce évidemment périlleux. D'autant plus que le Real Madrid ne devra pas seulement faire fi de l'étincelante forme des Rouge et Blanc. Il se retrouvera également face à ses propres démons. Ceux du présent, mais aussi ceux de son histoire dans la plus belle des Coupes. En effet, malgré la pléthore de moments hors du temps vécus en Ligue des champions, la Casa Blanca n'a réussi à se qualifier qu'une seule fois (en 1971, contre le Wacker Innsbruck) sur sept après avoir perdu le match aller à domicile. L'heure de la révolution ?
Et avec peu de certitudes
Au-delà même de l'aspect collectif, qui ne sera certainement jamais la force de ce Real Madrid version Arbeloa, les individualités posent aussi problème en amont de ce classique du football européen. Là où Los Blancos ont souvent pu s'appuyer sur un Thibaut Courtois phénoménal pour se sortir de situations presque désespérées, ils devront, ce mercredi, composer sans le portier belge. Blessé et remplacé par un Lunin qui n'a pas fait tâche sans pour autant se hisser au niveau de son homologue à l'aller, Courtois constitue l'un des points d'ancrage de la colonne vertébrale madrilène, et son absence pourrait bien créer un déséquilibre fatal au destin de cette double confrontation.
Autre cadre d'une Maison Blanche en manque de repères, Aurélien Tchouaméni manquera lui aussi à l'appel du côté de l'Allianz Arena. Averti à la 37e minute mardi dernier, le milieu de terrain défensif français est suspendu en vue de ce second acte décisif.
Parfois décrié pour ses approximations techniques, l'ancien Monégasque apporte tout de même de précieuses certitudes et demeure l'un des piliers de l'exercice en cours. Apparu à 44 reprises TCC cette saison et habitué à ce genre de grands rendez-vous, Tchouaméni manquera à coup sûr à son équipe. Et donnera quelques maux de tête à son coach, qui pourrait faire appel à Valverde ou Camavinga afin de le remplacer.
Le cas Mbappé interroge également. Malgré le mauvais coup reçu contre Girona, lui sera bien là pour tenter de faire mal aux hommes de Vincent Kompany. Chose qu'il avait déjà réussi à faire au Bernabéu, grâce à un but porteur d'espoir qui a bien failli enrayer la machine munichoise. Pourtant, le numéro 10 merengue est au cœur des débats depuis plusieurs jours.
Son investissement défensif, son incapacité à se fondre dans le collectif, sa tendance à peser négativement sur la fluidité du jeu de ses équipes, son association avec Vinicius Jr... Celui qui a longtemps semblé être l'une des seules valeurs sûres d'un effectif en perdition, notamment grâce à un apport statistique impressionnant, est loin de faire l'unanimité à Madrid. S'il veut faire taire ses détracteurs, le capitaine des Bleus doit enfiler son costume des grands soirs et marquer ce sommet de son empreinte.
Alors pourquoi le Real Madrid peut-il y croire ?
Au regard de l'ensemble des points précédemment évoqués, les mauvaises langues pourraient être tentées d'assurer que les dés sont d'ores et déjà jetés. Le Real Madrid ne verra pas le jour à Munich, subira la loi d'un Bayern Munich supérieur et dira adieu au dernier carré.
Oui, le Bayern Munich propose un football délicieusement efficace et a pris un avantage crucial. Oui, le Real Madrid reste sur trois matchs consécutifs sans victoire et végète à des kilomètres des hauteurs atteintes par son rival allemand. Mais le monde du football aura bien les yeux rivés sur cette affiche qui conserve une pointe d'incertitude.
Une incertitude que die Roten ont ressentie dans la capitale espagnole il y a tout juste une semaine. Dominateur, supérieur pendant la majeure partie du match, le navire bavarois n'a pas connu une soirée de tout repos pour autant – à l'image d'Upamecano – et a tangué par moments, notamment après la réduction du score signée Mbappé.
Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si Manuel Neuer, auteur d'une performance remarquable du haut de ses 40 ans, a été élu homme du match de cette première manche. Des occasions de faire mal à son adversaire (9 tirs cadrés), le Real Madrid en a eu.
Le Bayern Munich, pour sceller définitivement le sort de cette double confrontation, aussi. Mais il ne l'a pas fait. Et en conséquence, seul un petit but sépare les deux équipes au moment d'aborder ce passionnant rendez-vous. Le favori est connu.
Les pronostics penchent évidemment en faveur du FCB. Pour autant, et comme il l'a fait contre Manchester City en huitième de finale, le Real Madrid est capable de surprendre son monde. Et malgré toute sa qualité ainsi qu'un collectif parfaitement huilé, le leader de Bundesliga a montré qu'il lui arrivait de faiblir, de douter. Reste à savoir si le Real Madrid, comme il l'a si souvent fait, saura profiter de ces rares failles pour piquer, ou s'il coulera définitivement à l'Allianz Arena.










